Laura Secord : l’héroine

Bien que la plupart des Canadiens reconnaissent en Laura Secord une héroïne de guerre, très peu connaissent son histoire de bravoure et de courage.

Tout commence lors de la guerre de 1812, dans la région de Queenston, maintenant la péninsule de Niagara. Le mari de Laura, sergent de milice dans l’armée, est porté disparu après un combat. Laura se rend sur le champ de bataille pour le chercher parmi les morts et les blessés. Elle le retrouve en sang, blessé par balle. Laura l’aide à rentrer à la maison et panse ses blessures.

Pendant sa convalescence, la guerre fait rage et la région est prise par l’ennemi. Cependant, ni les Américains ni les Britanniques n’ont le dessus. Un jour de juin 1813, des officiers américains se rendent chez les Secord et demandent à manger. Tout en les servant, Laura les écoute attentivement discuter de leurs plans pour lancer une attaque-surprise sur l’avant-poste britannique de la maison DeCew, commandé par le lieutenant James Fitzgibbon.

Les Secord, qui sont demeurés fidèles à la Couronne britannique et veulent défendre l’avenir de la colonie, savent que Fitzgibbon doit être averti de l’attaque imminente. À défaut de quoi, toute la péninsule de Niagara tomberait aux mains des Américains. Puisque son mari n’est pas encore remis de ses blessures et ne peut pas marcher, Laura prend sur elle de faire le voyage jusqu’à la maison DeCew.

À l’aube du jour suivant, Laura entreprend son périple de
32 kilomètres, qui lui prendra 18 heures. Elle marche sur les routes jusqu’à la maison de sa belle-soeur où son demi-frère, malade, garde le lit – ceci lui servira d’excuse au cas où une patrouille américaine l’interpellerait. Une fois là-bas, Laura dévoile les vrais motifs de sa présence. Sa nièce, Elizabeth,
offre de l’accompagner.

Évitant maintenant les routes principales, Laura et Elizabeth choisissent un chemin difficile le long du ruisseau Twelve Mile, qui passe près de la maison DeCew. Mais Elizabeth n’a pas l’endurance de sa tante et, après avoir traversé les champs et les bois, elle s’effondre, laissant Laura seule pour parcourir la partie la plus risquée du trajet. Le soir, Laura arrive épuisée et affamée dans un campement amérindien et convainc le chef de la mener au quartier général britannique, où elle avertit le lieutenant de l’attaque-surprise.

Deux jours plus tard, le 24 juin 1813, les Britanniques et les Amérindiens interceptent les Américains et les forcent à se rendre, à la bataille de Beaver Dams. En 1814, le traité de paix devient réalité, et la frontière entre les États-Unis et le Canada ne fera plus jamais l’objet d’hostilités.

Bien qu’en 1860 le Prince de Galles lui accorde 100 livres, il faudra attendre de nombreuses années avant que l’acte de bravoure de Laura Secord ne soit reconnu. Après sa mort, deux monuments ont été érigés à sa mémoire, l’un à Queenston, érigé par le gouvernement canadien, et l’autre à Lundy’s Lane, érigé par la Société historique de l’Ontario.

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